dimanche 19 décembre 2010

C'est déjà Noël ?

Ben oui, c'est presque Noël et ma commande au Père Noël est déjà arrivée !
Regardez plutôt, tout y est : les films noir et blanc 400 Asa, le révélateur et le fixateur, les filtres multigrades pour l'agrandisseur et le papier 13x18.


Allez, je vais prendre quelques photos et vous montrer les résultats ! A bientôt...

A lire aussi au sujet du développement noir et blanc :

dimanche 12 décembre 2010

Gregory Crewdson à Baden-Baden

Affiche de l'expo Gregory Crewdson - Duane Hanson
Visite de l'expo "Gregory Crewdson / Duane Hanson - L'inquiétante étrangeté du réel" au Museum Frieder Burda à Baden-Baden.


Texte de présentation de l'expo :
"Gregory Crewdson, né en 1962 à Brooklyn, New York, est l'un des photographes contemporains les plus connus sur la scène internationale. Ses oeuvres proposent une synthèse de fiction et de réalité qui interpelle notre subconscient avec une efficacité peu commune. Dans l'oeuvre la plus importante de sa production à ce jour, le cycle «Beneath the Roses», élaboré entre 2003 et 2008, Crewdson emprunte les images glauques du monde de la small town américaine pour composer des scénarios d'une densité étonnante et quasiment baroque évoquant toutes les tristesses de l'existence humaine. L'exposition du Musée Frieder Burda montre vingt photographies appartenant à ce cycle et présentées en dialogue avec des sculptures de Duane Hanson. Les réalisations de Crewdson sont des oeuvres pour lesquelles l'artiste ne ménage ni sa peine ni les moyens mobilisés. Comme dans le tournage d'un film, chaque mise en scène est pensée longtemps à l'avance, programmée avec une extrême minutie, puis réalisée avec des ressources logistiques importantes et un investissement considérable de l'artiste. Le résultat final est souvent le fruit de plusieurs semaines de travail, d'où la complexité du message et un niveau technique très abouti. 



 

En 1988, Crewdson termine son cursus de street photography à la Yale School of Art à New Haven. Il revient en 1993 et occupe depuis lors la chaire de photographie de cette université. Pour la réalisation de ses œuvres, Crewdson sillonne l'État du Massachusetts à la recherche de lieux d'atmosphère ; il y installe ses décors, qui sont de véritables plateaux de tournage. Les habitants de ces petites villes lugubres sont souvent invités à incarner eux-mêmes les personnages de la mise en scène. Les photographies de Crewdson évoquent ainsi des images de film et, de fait, l'artiste est très proche de l'art cinématographique. Des réalisateurs comme Alfred Hitchcock, David Lynch ou Steven Spielberg sont les inspirateurs de ces inquiétantes dramaturgies qui semblent gelées autour d'un instantané unique, noeud narratif dont la construction montre l'extraordinaire talent de l'artiste. Comme la littérature la plus exigeante le fait avec son lecteur, les photographies de Crewdson exigent la collaboration du spectateur, auquel incombe l'essentiel de l'activité créatrice. La fiction qui s'élabore dans l'esprit de ce dernier, grâce à son imaginaire, aux images et aux associations qu'il produit, engendre un univers concurrent de la réalité objective - un monde d'une très inquiétante étrangeté. Mais un regard rapide ne suffit pas : le spectateur doit s'immerger longuement dans un décor rempli de détails et d'indices, et être ainsi en mesure d'appréhender l'ensemble du dispositif scénique.
 


Les images de Crewdson sont un travail très concerté autour d'émotions et d'angoisses dont son oeuvre offre, sous des scénarios variés, les images récurrentes : isolement, absence, honte, désir, frustration - des sentiments qui touchent le spectateur au plus profond de lui-même. Que Crewdson travaille ainsi au plus près de la psyché tient peut-être aussi au fait que ce fils de psychanalyste a été familiarisé de bonne heure avec la complexité troublante de l'âme humaine. Ses oeuvres peuvent être interprétées comme des métaphores d'angoisses et de désirs présents sous la surface visible des choses : comme si l'artiste cherchait à faire apparaître un autre niveau de réalité, situé quelque part entre le conscient et le subconscient. 

Mais la série « Beneath the Roses » peut également être vue comme un psychogramme de la vie provinciale aux États-Unis. Les décors choisis montrent des réalités sociales et attestent, derrière les décors stéréotypés de l'american way of life, la décadence économique de toute une société. Sans attendrissement ni détours, Crewdson représente la vie de la classe laborieuse, à l'instar de Duane Hanson, dont l'ceuvre gravite, elle aussi, autour de ce concept d'humanité dont ses personnages silencieux et introvertis éclairent de multiples aspects. 

Le "making of" des photographies de Crewdson était très intéressant.
Evidemment, comme trop souvent aujourd'hui dans les expos, les photos étaient interdites.
Et... je me suis fait rappeler à l'ordre par le gardien :-)

Toute une série de photos de plateau (production stills), de dessins originaux de l'artiste et de schémas détaillés des dispositifs d'éclairage illustrent la genèse du cycle «Beneath the Roses
». Avec soixante documents extraits de ce fonds, une salle d'exposition autonome est dédiée au making of de l'oeuvre, montrant de façon concrète les processus techniques complexes qui lui ont donné naissance."

D'une manière générale les photos de Crewdson, réalisées à la chambre photographique dans un décor de cinéma, sont intéressantes et intrigantes ; les lumières et la multitude de détails sont particulièrement complexes et bien étudiées. Cependant, sur l'ensemble des photographies proposées, seules quelques unes dégagent réellement cette "inquiétante étrangeté" qui fait le titre de l'expo, cette ambiance à la David Lynch où planent une angoisse et d'obscures interrogations. Par ailleurs, si ces images manifestent une incontestable perfection technique, les prises de vues avec de multiples assistants, un directeur de la photographie (sic) et les milliers de dollars probablement investis pour chaque photographie, me laissent assez interrogatif sur le sens de cette démarche.

Les oeuvres de Crewdson et Hanson côte à côte au Museum Frieder Burda
L'expo de Crewdson était mêlée à des sculptures de Duane Hanson, cocasses et inquiétantes à la fois.
 
Devinez où est la sculpture sur cette photo ?
Juste à côté du Museum Frieder Burda se trouve le Kunstahalle de Baden-Baden qui propose une exposition sur l'auto-portrait au XXème siècle. L'expo ne tient pas ses promesses (peu d'oeuvres et pratiquement aucun texte d'explication) mais on y retrouve Cindy Sherman :

et un autoportrait que je trouve réussi de Gilbert and George :

Voilà ce sera tout pour ce dimanche pluvieux mais culturel :-)

jeudi 9 décembre 2010

Par amour du goût




Le journal Le Bien Public organise tous les mois un petit concours photo avec un thème précis. Pour le mois de décembre le thème était "Par amour du goût".

Un peu pour m'amuser j'ai envoyé les trois images des "Petits légumes pour ma cuisine". Un peu par hasard toujours je regarde aujourd'hui le site internet du journal et les résultats viennent de paraître ! En cliquant sur l'image je vous laisse découvrir ce qui a retenu mon attention : une sorte de poireau géant qui donne envie de continuer en food photo :-)

dimanche 5 décembre 2010

Premiers travaux sous l'agrandisseur


Hier alors que d'autres se lançaient à l'assaut du Marché de Noël une partie du groupe de la Chambre a découvert le travail à l'agrandisseur noir et blanc en labo.
Dire que c'était bien ? Oui, même un peu plus. Juste une envie : refaire des essais :-) !

Pat quoi commencer ? Bon impossible de tout reprendre en détail ici, mas je vais quand même essayer de résumer un peu.
D'abord un peu de matos :
- Pour les bains : un révélateur, un peu de vinaigre blanc et un fixateur.
- Pour les tirages : du papier photo bien sûr (ici du Ilford multigrade), un filtre pour l'agrandisseur et un compte fil.


Première étape : on prépare la soupe
Trois bains sont à préparer : le révélateur, le bain d'arrêt et le bain qui contient le fixateur. Les dosages sont indiqués sur les bouteilles, ici 1 volume de produit pour 9 volumes d'eau à 20° (nous avons préparé des quantités d'un litre ce qui est bien suffisant). Le vinaigre blanc est utilisé à la place de produits chers pour le bain d'arrêt à raison d'un volume pour 19 volumes d'eau. Le temps de passage dans chaque bain :
- Révélateur : 1min 20
- Bain d'arrêt : 30 sec
- Fixateur : 2 min.

 
Deuxième étape : on prépare l'agrandisseur
On entre dans le vif du sujet.
On place son négatif dans l'agrandisseur en faisant bien attention d'enlever toutes les poussières. L'image présentée ici est une photo prise en gros plan d'une vielle poupée. En haut à droite on voit le minuteur qui permet de maîtriser la durée d'exposition du papier à la lumière.

Le diaphragme de l'objectif est ouvert au maximum et on fait fait la mise au point la plus précise possible, ne pas hésiter à s'aider d'une loupe (compte fil). Une fois la mise au point réalisée on ferme le diaphragme de deux crans. Il faut ensuite placer le filtre de densité dans l'agrandisseur. Le papier utilisé est dit "multigrade" et c'est la densité du filtre choisi qui détermine le contraste de l'image finale. Un filtre de densité 0 donnera une image très grise, peu contrastée, un filtre de densité 7 une image au contraire très contrastée avec peu de valeurs de gris. Pour commencer on choisit une densité médiane 2 ou 3.


Troisième étape : on fait les premiers essais
Tout est calé ? Ok, on éteint la lumière ! Pour économiser un peu de papier on découpe une bande de papier photo qu'on positionne sous l'agrandisseur à l'endroit le plus judicieux (qui présente des variations du blanc pur au noir le plus dense). On fait ensuite plusieurs essais en déplaçant peu à peu un masque de carton.

Voilà ce que ça donne concrètement :
Ce sont des séries d'expositions de 2 secondes chacune. D'abord une première exposition de 6 secondes pour exposer toute la surface, puis on masque avec le carton en laissant une petite bande exposée à la lumière, nouvelle exposition de deux secondes, on déplace le carton, exposition de 2 secondes, etc.
Attention à la lecture des informations car le papier réagit comme un négatif : la partie exposée seulement 6 secondes est la plus claire, la partie la plus foncée est celle qui a été la plus exposée. La partie haute a été exposée 6 secondes, la suivante 6+2=8 secondes, puis 6+2+2=10 secondes, etc jusqu'à 16 secondes d'exposition cumulée. La bonne valeur d'exposition -celle qui offre des noirs parfaitement noirs et des blancs extrêmes- est de 14 secondes.

Quatrième étape : on passe aux choses sérieuses
Cette fois-ci on prend la feuille de papier de la dimension du tirage que l'on souhaite réaliser et on se lance. Malgré nos essais il faudra certainement ajuster encore les temps d'exposition et surtout masquer à l'aide de sa main l'une ou l'autre zone de l'image pour qu'elle ne soit pas surexposée.

Voici quelques essais. L'image sur finale est le résultat de trois expositions différentes :
- une première exposition de 13 secondes
- une deuxième exposition de 7 secondes où on masque à la main le haut de l'image pour laisser le temps aux détails d'apparaître dans le bas de l'image
- une troisième exposition réalisée avec un carton troué pour cibler la partie basse de l'image et l'oreille. Cependant cette partie de l'image est surexposée sur le négatif, il ne sera pas possible d'aller plus loin.

Voilà, voilà. Une conclusion à cette belle journée ?
Pour faire un tirage papier il faut prévoir une demi-journée de travail et ne pas ménager ses efforts au labo en gardant à l'esprit que la version papier de votre image ne pourra pas retranscrire toute le finesse de votre négatif et qu'il faut donc faire un choix d'interprétation de votre négatif pour mettre en avant telle ou telle nuance ou zone de gris.

A lire aussi au sujet du développement noir et blanc :

mercredi 1 décembre 2010

Reflections of a world


Petit tour à la galerie Stimultania pour visiter l'expo "Reflexions of a world" de Dmitry Rubinshteyn et Alexey Alexeev. Travaillant à la chambre photographique avec des techniques anciennes ces deux photographes russes présentent des images sur verre aux noirs profonds et délicat de l'ambrotype (à lire aussi l'expo "Les primitifs de la photographie"). Paysages, portraits, natures mortes, autant de sujets traités avec des photographies originales.

Mon portrait préféré de la série ; le temps de poses assez long (3 à 6 secondes) obligent le modèles à "tenir la pause" ce qui donne cette expression de visage si particulière.

Une oeuvre intitulée Moby Dick ?


Euh... ça vous surprend si je vous dis que j'aimerais bien apprendre ces techniques ?
Bon en tout cas je vous invite à visiter leur site internet :
http://wet-plate.ru/ pour Dmitry Rubinshteyn et
http://www.ambrotype.ru/index_en.html pour Alexey Alexeev.

On peut profiter de cette visite à Stimultania pour faire un petit tour du côté de l'Aubette qui vient d'être réaménagée :

A l'Aubette on passe la porte au fond là-bas et puis... on découvre une "oeuvre" de Tino Sehgal. Cet artiste très original qui vit aujourd'hui à Berlin organise des "événements" au caractère très singulier. Ici pas d'affiche, pas de photo, pas de carton d'invitation pour le vernissage, pas même de site internet dédié aux oeuvres de l'artiste... A chaque présentation le mystère est complet : on ne sait jamais ce qu'on va voir ni même ce qui fait vraiment partie de l'oeuvre-spectacle-performance. Je vous laisse donc découvrir ce qu'il y a derrière cette porte en vous précisant simplement qu'une fois entré vous aurez du mal à en sortir  :-)