jeudi 17 mars 2011

L'EOS-100 est réparé !

Depuis la dernière série de prise de vue avec l’appareil argentique -l’EOS 100- il n’y a plus moyen de prendre une seule image avec cet appareil photo. Cette situation est vraiment regrettable : d’abord parce que j’ai pris goût aux films et photos à développer soi-même –voir l’image se dessiner sur le papier dans le bac du révélateur a décidément beaucoup de charme - et ensuite parce que certains projets se prêtent mieux à l’argentique qu’au numérique.

Lors de cette dernière série de prise de vue la pile de l’appareil était très sollicitée. Il s’agissait en effet de poses de plusieurs dizaines de secondes et l’appareil a donné des signes de fatigue au bout d’une quinzaine d’images pour finalement ne plus déclencher du tout. Par ailleurs, l’écran de contrôle indiquait que la batterie était faible, chose tout à fait plausible même si la pile était pour ainsi dire neuve. Donc solution simple : racheter une batterie. Je fais le changement de pile, je charge un nouveau film et là… patatra ça ne marche toujours pas. L’obturateur ne s’ouvre pas et l’affichage « Batterie faible » toujours à chaque prise de vue. Et c’est assez dépité que je pars à ma sortie au Struthof avec l’appareil numérique.

A mon retour en soirée je décide de consacrer un peu de temps à essayer de comprendre ce qui se passe. Je ne suis pas très confiant d'ailleurs : cet appareil a une petite vingtaine d'année, il y a plein d'électronique partout et je ne vois pas trop ce que je vais pouvoir faire pour le faire fonctionner à nouveau. Je finis par constater cette étrange petite tache sur le rideau :

En y mettant le doigt il s'agit d'une substance un peu collante comme de la résine d'arbre. Les lamelles du rideau sont très légères et très fragiles, la moindre obstruction empêche leur ouverture. Le rideau n'étant pas ouvert l'appareil interprète cet incident comme une panne liée au manque de puissance de la batterie. CQFD :-)

Un coton-tige, un peu de dissolvant pour les ongles, quelques minutes d'intervention et hop ! l'appareil photo fonctionne à nouveau ! Quant à expliquer d'où vient cette substance poisseuse et comment elle a pu se déposer sur le rideau en pleine prise de vue... mystère.
Mais l'essentiel est là : ça marche !

mercredi 16 mars 2011

Quelques images du camp du Struthof

Toujours à la recherche de mon thème pour l'expo du mois de juin j'ai décidé de faire aujourd'hui une sortie photo au camp du Struthof. Bon, je sais, il y a plus "léger" comme sujet mais j'avais ma petite idée (pour une fois). Après une visite vraiment passionnante de l'expo Anselm Kieffer au musée Würth ce week-end j'ai commencé à imaginer un travail sur les lieux de mémoire et le temps qui s'écoule. Ayant une matinée devant moi je voulais faire une première sortie de repérage sur ce sujet. Mais... quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

D'abord la météo. Hier était une assez belle journée j'espérais avoir une lumière assez favorable aujourd'hui. Raté, il fait gris et la lumière est vraiment plate. Ce n'est pas grave, je décide tout de même de maintenir ma sortie me disant que cette lumière pourrait au contraire convenir à un sujet aussi sombre.

Deuxième déconvenue : l'appareil photo. Je voulais prendre des photos en noir et blanc (ça s'impose) avec l'appareil argentique. Ben non, il refuse toujours désespérément de prendre des images, même après avoir changé la pile.

Troisième déconvenue : les images prises par le numérique. Me rabattant un peu en urgence sur l'EOS 350d j'en oublie quelques poussières sur le capteur. De plus la mise au point en autofocus est souvent prise en défaut... Au final très peu d'images et cette matinée n'est vraiment pas une réussite.

Voici tout de même quelques photos. Pour ce qui est du rendu des images en noir et blanc, je n'ai pas cherché à "dramatiser" les prises de vues, le lieu se suffit à lui-même...






Dernière déconvenue de la journée : en regardant ces images je me rends compte qu'elles ne montrent pas ce que j'espérais mettre en avant dans mon "projet", il me faudra donc trouver un autre sujet pour juin prochain :-(

dimanche 13 mars 2011

Le salon de la photo de Riedisheim


Durant toute cette semaine se déroule la vingt quatrième édition du Salon de la photo de Riedisheim près de Mulhouse. Il s'agit d'une manifestation importante de la photo en Alsace avec toujours deux éléments principaux : des photographies d'amateurs exposées au Centre Culturel et d'autre part des invités, photographes confirmés ou professionnels.

Que retenir de la première étape au Centre Culturel ? Les photographies présentées sont très variées, souvent intéressantes avec des réalisations soignées.  L'image présentée en exemple ici à droite est une composition très dynamique avec un travail intéressant sur la lumière et la couleur. Malheureusement... je n'ai pas noté le nom de son auteur :-(

Quoi retenir d'autre ? Cette composition par exemple d'une jeune photographe française Dorothy Shoes. Image intéressante à retenir me semble-t-il pour notre travail durant le cours sur le portrait (ou l'autoportrait) :
Dorothy Shoes - Alzheimer ID
Autre image à la démarche intéressante (même si ici la repro n'est franchement pas terrible) :
Gabriel O'Shaugnessy - Trinity
Parmi les photographes invités, Tiziana et Gianni Baldizzone présentent leur exposition "Esprit nomade" en extérieur, dans un parc de Riedisheim :

"A l’heure où chacun se pose des questions fondamentales sur son rapport au monde et à la nature, cette exposition invite à découvrir les valeurs qui animent les populations d’éleveurs nomades, des Bororos et Touaregs du Sahara aux Kazakhs des steppes d’Asie centrale ou aux Nenets et Dolgans de Sibérie.
Présentés comme un seul peuple, les nomades des déserts nous livrent une extraordinaire réponse aux soucis et problèmes de notre temps l’exemple d’une existence fondée sur l’équilibre avec les écosystèmes et sur l’harmonie avec la nature et les autres êtres vivants."

Tiziana et Gianni Baldizzone - Déplacement d'un campement chez les Durvuds
Comment résister au sourire de cet enfant ?

"L’exposition touche des thèmes comme la conservation de l’environnement, l’usage durable des ressources, la mobilité comme liberté humaine, la biodiversité, l’importance des relations humaines, la transmission des savoirs et des valeurs comme le respect, le partage, l’aide réciproque et la solidarité.
Elle évoque également le problème du rapport des nomades à la modernité et de leur intégration dans nos sociétés contemporaines sans devoir forcément renoncer au droit de continuer à être nomades."

Tiziana et Gianni Baldizzone - Préparation du trousseau chez les Kazakhs

samedi 5 février 2011

Mon premier sténopé

Le sténopé c'est facile !  Le principe est simple, c'est celui de la chambre noire connu depuis la renaissance : une boîte percée d'un minuscule trou à une extrémité et l'image apparaît inversée sur le fond de la boîte (on peut la voir sur un verre dépoli ou un papier calque).

Le sténopé c'est facile ! On remplace le verre dépoli par du papier photo et le tour est joué. Enfin... il faut quand même y consacrer un peu de temps. Voyons de quoi il s'agit exactement :
Le matériel pour le sténopé
On ne peut pas faire plus simple : il vous faut un peu de carton pour faire une boîte, des ciseaux, du scotch, et du papier photo.


Zoom sur le trou -pinhole en anglais-
et l'obturateur "mécanique"
- Le premier carton servira de face avant à notre sténopé et surtout d'objectif : un simple petit trou fait avec une aiguille dans un petit carré d'aluminium. Observez la qualité de l'obturateur : un simple scotch opaque :-)
- Le deuxième carton contient le papier photo, c'est sur lui que seront enregistrées les images.
- Le troisième carton n'a pas de fonction particulière sinon de d'assurer davantage l'étanchéité lumineuse de notre construction artisanale.

Une fois notre chambre noire construite, il nous faut un sujet et beaucoup de lumière. J'installe donc un studio de fortune dans l'entrée de l'appartement et mon premier sténopé aura pour thème une plante subtilisée dans le salon.
Au premier plan le sténopé tourné vers le sujet et un spot lumineux.
Place donc -enfin- à la première prise de vue !
Premier essai : la boîte à sténopé est placée à 1,5m du sujet et on se lance sur une pause de 5 minutes. Une fois la pose terminée le papier est développé comme après avoir été exposé sous l'agrandisseur (cf. l'article : Premiers travaux sous l'agrandisseur). Voilà, c'est prêt, on sort de la chambre noire et...
Sténopé - 5 minutes de pause - Scan du négatif papier 13x18
Avant toute chose, en tenant le papier devant soi on est surpris d'obtenir quelque chose vu la simplicité des moyens employés. L'image semble même assez détaillée ce qui pourrait indiquer que la taille et la forme du trou doivent être plutôt correctes. A vrai dire je suis même un peu surpris par les détails qu'on voit apparaître, c'est assez magique !
- Premier constat : c'est en négatif, ça on le savait déjà.
- Deuxième constat : tout est inversé, comme vu dans un miroir, ça aussi on le savait.
- Troisième constat : le champ couvert est énorme, ça on le savait.
- Quatrième constat : l'image est très blanche donc sous exposée. Ok, il faut recommencer et poser beaucoup plus longtemps.

On repart donc pour une deuxième image en rapprochant le sténopé à 1,2 mètres du pot de fleurs et en posant trois fois plus longtemps que la première fois soit 21 minutes.

Catastrooophe ! Tout est noir ! Le temps de pause est trop long et surtout on ne reconnaît rien : le papier a dû se plier dans le sténopé durant la pose. Le remède : un petit bout de scotch pour au fond de la boîte. On repart pour 15 minutes de pose :

Sténopé - 15 minutes de pause - Scan du négatif papier 13x18
Ah ben voilà ! Ca me plaît ça ! Pour se faire une idée du résultat de retour devant l'ordinateur je transforme le négatif en positif et je renverse l'image :
Sténopé - 15 minutes de pause - Conversion numérique en positif
Bon, je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je suis quand même bluffé par le résultat, je trouve ça assez miraculeux. Je décide donc de poursuivre l'expérience mais cette fois en me mettant plaçant moi-même devant "l'objectif". Après trois essais et donc 45 minutes plus tard j'obtiens ceci :
Autoportrait au sténopé - 15 minutes de pause (!!!) - scan du négatif papier
Convertie numériquement l'image donne ceci :

Ben oui, pour ce premier autoportrait au sténopé je me suis mis en costume :-)
L'image me plaît, j'en fait donc un tirage papier à voir sur "Autoportrait au tiroir : une image dans une boîte".

jeudi 3 février 2011

Autoportrait au tiroir : une image dans une boîte

Il me manque quelques produits pour développer les films noir et blanc : ils ne sont toujours pas arrivés par la poste et j'ai pourtant envie envie de faire de la photo. Ok, je me décide : pour aujourd'hui ce sera le sténopé. Je raconterai en détail dans un prochain article comment j'ai procédé, mais le principe est on ne peut plus simple : une boite en carton qui fait office de chambre noir, d'un côté un minuscule trou pour laisser entrer la lumière, de l'autre du papier photo pour enregistrer l'image. C'est tout, pas d'objectif, pas de diaphragme, pas de cellule électrique etc...
Début du chantier à 16 heures avec la construction de la boîte et les premiers essais. Quatre heures plus tard c'est la première image à peu près correcte. Le cadrage, le choix du temps de pose, chaque étape est une difficulté en soi.

Et en fin de soirée l'autoportrait est enfin là....

"Autoportrait au tiroir" - Sténopé - Scan du tirage papier positif 13x18
Contretype réalisé sous l'agrandisseur : 15 sec. d'exposition à f/16
Le temps de pose ?
Euh... très exactement 15 minutes... mon record, je n'ai pas réussi à tenir le tiroir plus longtemps sur ma tête. Et il a fallu trois essais pour avoir une seule image.
Oui, je sais, avec un numérique et photoshop on a la même chose en moins de 2 minutes... mais ça n'a pas le même charme, si ? Franchement je trouve le résultat incroyable quand on sait qu'il suffit d'un simple petit trou dans une boîtes pour faire des images.
Pour en savoir plus sur la prise de vue vous pouvez lire :